La littérature transnistrienne

La littérature de la rive gauche du Dniestr est jeune et multilingue. Elle s'est formée dans le cadre soviétique, autour d'institutions créées à partir des années 1920, et elle reste aujourd'hui dominée par le russe.

Héritage littéraire régional

La rive gauche n'a pas connu de tradition écrite ancienne comparable à celle des monastères de la principauté de Moldavie. La production littéraire y démarre véritablement avec la république autonome des années 1920, qui installe à Balta puis à Tiraspol une presse, des maisons d'édition et une école littéraire en langue moldave écrite en cyrillique.

Ecrivains de la période soviétique

Plusieurs auteurs formés dans ce cadre ont ensuite marqué les lettres moldaves. Leonid Corneanu, né en 1909 à Cosnita sur la rive gauche du fleuve, a publié des recueils de poèmes, des pièces de théâtre et des collectes de folklore avant sa mort en 1957. Cette génération a travaillé sous une forte contrainte idéologique, entre commande politique et attachement à la langue populaire.

Union des écrivains locale

L'organisation issue de la section des écrivains de Tiraspol fonctionne avec des sections russe, ukrainienne et moldave. Elle publie un almanach annuel consacré à la littérature de Transnistrie depuis 2000 et une revue littéraire depuis 2003. Des cercles littéraires lui sont rattachés à Tiraspol, à Bendery, à Dnestrovsk et à Dubasari.

Edition et bibliothèques

L'édition reste artisanale, avec de petits tirages financés par des institutions publiques ou par les auteurs eux-mêmes. Les bibliothèques publiques et universitaires de Tiraspol et de Bendery constituent les principaux lieux de conservation. Les librairies proposent surtout des ouvrages importés de Russie.

Place du russe

Le russe domine largement la création contemporaine, en poésie comme en prose. Les textes en moldave cyrillique restent minoritaires et circulent peu au-delà de la région, puisque les lecteurs roumanophones de Moldavie et de Roumanie n'utilisent pas cette écriture. Cette situation limite la diffusion des auteurs locaux hors de l'espace russophone.