Economie de la Transnistrie
La Transnistrie forme une économie de très petite taille, héritée de l'industrialisation soviétique et longtemps soutenue par la Russie. Aucun État membre des Nations unies ne reconnaît l'entité, ce qui la prive d'accès aux institutions financières internationales. Le produit intérieur brut avoisinait un milliard d'euros au début des années 2020, pour une population estimée autour de 350 000 habitants.
Taille et héritage industriel
La rive gauche du Dniestr concentrait, à l'époque soviétique, une part importante des grandes usines de la République moldave. La sidérurgie de Rybnitsa, le textile de Tiraspol et la centrale thermique de Cuciurgan en forment encore le noyau. L'industrie y pèse beaucoup plus lourd qu'en Moldavie de la rive droite, pour un volume très inférieur à celui des années 1980.
Dépendance au gaz russe
Pendant trois décennies, le gaz russe est arrivé sans que l'entité le règle directement, la dette étant inscrite au compte de Moldovagaz et donc de la Moldavie. Revendu aux entreprises et aux ménages, ce gaz alimentait le budget local et finançait une large part des pensions. Les estimations de la dette accumulée dépassent dix milliards de dollars, sans accord entre les parties sur son montant.
Crise énergétique et arrêt du transit
L'expiration du contrat de transit ukrainien a interrompu les livraisons le 1er janvier 2025. Les usines se sont arrêtées, le chauffage urbain a été coupé et la centrale de Cuciurgan a fonctionné au charbon. Les exportations de janvier 2025 ont reculé d'environ 60 pour cent sur un an. L'Union européenne a débloqué une aide d'urgence dont une part visait la rive gauche, et les livraisons de gaz ont repris par tranches courtes financées par la Russie.
Inflation, budget et déficit
Le produit intérieur brut s'est contracté d'environ 18 pour cent en 2025 et la production industrielle d'environ 30 pour cent, avec une inflation proche de 15 pour cent. Le budget adopté pour 2025 prévoyait des recettes de l'ordre de 40 millions d'euros pour des dépenses proches de 69 millions, un déficit comblé par le soutien russe et des coupes successives.
Poids des transferts de la diaspora
L'émigration alimente un flux de transferts privés mal mesuré par les statistiques locales, mais central pour la consommation des ménages. La Russie en fournit la plus grande part, devant les pays de l'Union européenne. Ces envois complètent des salaires et des retraites qui représentent environ la moitié des niveaux moldaves.