Géopolitique de la Transnistrie
La question transnistrienne relève d'un conflit gelé depuis le cessez-le-feu de juillet 1992. Le règlement politique dépend d'un cadre de négociation multilatéral qui n'a plus produit d'accord de fond depuis plusieurs années. La guerre en Ukraine a modifié en profondeur les équilibres régionaux et la position de Tiraspol.
Format de négociation 5+2
Ce cadre associe depuis 2005 la Moldavie et la Transnistrie comme parties, la Russie, l'Ukraine et l'OSCE comme médiateurs, l'Union européenne et les États-Unis comme observateurs. La dernière session plénière s'est tenue à Bratislava en octobre 2019. Les échanges se poursuivent depuis à un niveau technique et bilatéral.
Mission de l'OSCE
L'OSCE maintient une mission en Moldavie depuis 1993, dont le mandat est reconduit périodiquement par consensus. Elle facilite les contacts entre les deux rives, suit la situation dans la zone de sécurité et publie des observations sur les libertés fondamentales.
Présence militaire russe
La Russie stationne environ 1 500 militaires sur place, héritiers de la 14e armée soviétique, sans accord de Chisinau qui en demande le retrait. Ces effectifs se répartissent entre le groupe opérationnel des forces russes et le contingent engagé dans la mission de maintien de la paix.
Dépôt de munitions de Cobasna
Le site de Cobasna, proche de la frontière ukrainienne, abrite un stock hérité de la période soviétique, évalué à une vingtaine de milliers de tonnes après les retraits partiels menés entre 2000 et 2003. Son état de conservation préoccupe Chisinau et Kiev.
Force de maintien de la paix
Le dispositif issu de l'accord du 21 juillet 1992 repose sur une commission mixte de contrôle et sur des contingents russe, moldave et transnistrien, accompagnés d'observateurs ukrainiens. Il tient des postes fixes dans la zone de sécurité qui longe le Dniestr.
Dépendance énergétique
L'économie locale a longtemps reposé sur du gaz russe livré sans paiement effectif. L'arrêt du transit par l'Ukraine le 1er janvier 2025 a provoqué une rupture d'approvisionnement, des coupures de chauffage et l'arrêt de plusieurs usines. Les livraisons ont repris en février 2025 grâce à des achats sur le marché européen financés par l'Union européenne.
Relations avec Chisinau
La fermeture de la frontière ukrainienne depuis 2022 a enclavé la région et renforcé sa dépendance envers la Moldavie, dont les entreprises locales utilisent le régime douanier et l'accord de libre-échange avec l'Union européenne. Les contacts avec Chisinau portent surtout sur l'énergie, les transports et les documents administratifs.