Institutions politiques en Transnistrie
La Transnistrie, officiellement République moldave du Dniestr, s'est dotée depuis le milieu des années 1990 d'un appareil institutionnel qui reproduit celui d'un État. Aucun État membre des Nations unies ne la reconnaît, et le droit international la considère comme une partie de la Moldavie. Ses organes exercent pourtant un contrôle effectif sur la rive gauche du Dniestr et sur la ville de Bender.
Cadre constitutionnel
La constitution locale a été approuvée par référendum le 24 décembre 1995 et promulguée le 17 janvier 1996. Elle établit un régime présidentiel et retient trois langues officielles, le russe, l'ukrainien et le moldave écrit en alphabet cyrillique. Une révision adoptée en 2011 a supprimé la vice-présidence et créé un poste de chef du gouvernement.
Présidence et gouvernement
Le président est élu au suffrage universel direct pour cinq ans, dans la limite de deux mandats consécutifs. Vadim Krasnoselski exerce cette fonction depuis décembre 2016 et a été réélu le 12 décembre 2021. Il nomme le chef du gouvernement et les ministres, qui appliquent les orientations définies par la présidence.
Soviet suprême
Le parlement porte le nom de Soviet suprême. Il compte 33 sièges pourvus pour cinq ans dans des circonscriptions à un seul siège. Le dernier scrutin s'est tenu le 30 novembre 2025. L'assemblée vote le budget et les lois, sans constituer un contrepoids notable face à l'exécutif.
Justice
L'organisation judiciaire comprend une Cour constitutionnelle, une Cour suprême, une cour d'arbitrage compétente pour les litiges économiques et un parquet général. Les juges sont proposés par le président et confirmés par le Soviet suprême, un mode de désignation qui limite leur autonomie.
Villes et districts
Le territoire se divise en cinq districts, Camenca, Rybnitsa, Doubossary, Grigoriopol et Slobozia, auxquels s'ajoutent Tiraspol et Bender, administrées à part. Chaque échelon dispose d'un conseil élu et d'un chef d'administration nommé par le président.
Forces de sécurité
L'entité entretient une armée de quelques milliers d'hommes, une milice qui remplit les missions de police et un ministère de la Sûreté de l'État chargé du renseignement intérieur. Aucune de ces structures ne dépend des autorités moldaves.
Portée des actes officiels
Faute de reconnaissance, les passeports, diplômes et actes d'état civil délivrés à Tiraspol restent sans valeur à l'étranger, et les habitants utilisent massivement des documents moldaves, russes ou ukrainiens. Un accord conclu en 2018 permet aux véhicules de la région de circuler à l'international sous des plaques neutres enregistrées à Chisinau.