Peuples, langues et minorités
Aucun groupe ne forme la majorité de la population en Transnistrie. Le recensement de 2015 place les Russes, les Moldaves et les Ukrainiens à un niveau proche, chacun entre un quart et un tiers des habitants, devant plusieurs communautés plus réduites. Cette configuration héritée de l'histoire impériale et soviétique structure la vie sociale et politique locale.
Composition ethnique
Selon les résultats de 2015, les Russes représentaient 29,1 pour cent des personnes recensées, les Moldaves 28,6 pour cent et les Ukrainiens 22,9 pour cent. Les Bulgares atteignaient 2,4 pour cent et les Gagaouzes 1,1 pour cent. Une part importante des personnes interrogées, près de 14 pour cent, n'a déclaré aucune appartenance, ce qui complique la comparaison avec les recensements antérieurs.
Langues
La constitution reconnaît trois langues officielles, le russe, le moldave et l'ukrainien. Dans les faits, le russe domine l'administration, les médias et l'enseignement supérieur, et sert de langue de communication entre les groupes. Le moldave s'écrit en caractères cyrilliques, à la différence du roumain employé sur la rive droite. L'ukrainien reste peu présent dans la vie publique.
Communautés bulgare, gagaouze et juive
Les Bulgares descendent de colons installés au début du dix-neuvième siècle et se concentrent à Parcani, gros village proche de Tiraspol où ils forment l'essentiel de la population. Les Gagaouzes, turcophones de religion orthodoxe, vivent surtout dans le sud. La communauté juive, très nombreuse à Bendery, Rîbnița et Doubossary avant la Seconde Guerre mondiale, ne compte plus aujourd'hui que quelques centaines de membres.
Religions
L'orthodoxie domine largement, sous l'autorité du diocèse de Tiraspol et Doubossary, rattaché au Patriarcat de Moscou. Une paroisse catholique subsiste à Tiraspol, aux côtés de petites communautés protestantes, d'une synagogue et d'un groupe de vieux-croyants installé de longue date dans la région.
Écoles roumanophones
Huit établissements enseignent en roumain avec l'alphabet latin, sous statut privé et avec un financement moldave. Leur situation reste précaire depuis la crise de 2004, marquée par la fermeture temporaire de plusieurs d'entre eux. La Cour européenne des droits de l'homme a condamné la Russie sur ce point en 2012, dans l'affaire Catan. Les diplômes délivrés ne sont pas reconnus par les autorités locales.