Ecoles et enseignement en Transnistrie
L'école transnistrienne applique des programmes et des manuels largement importés de Russie, dans un territoire dont les diplômes ne sont validés par aucun État membre des Nations unies. Cette organisation façonne les parcours des jeunes bien au-delà de la scolarité obligatoire.
Organisation calquée sur le modèle russe
Le système reprend la structure russe, avec une école générale de onze années, des filières professionnelles et un enseignement supérieur organisé selon des cursus proches de ceux de Moscou. Les manuels, les examens et le calendrier scolaire suivent les usages russes, et des accords avec des universités de Russie encadrent une partie des formations.
Langues d'enseignement
Le russe domine largement, devant le moldave écrit en alphabet cyrillique et l'ukrainien, ces trois langues ayant statut officiel. Le moldave en caractères cyrilliques, abandonné en Moldavie depuis 1989, ne subsiste qu'en Transnistrie, ce qui coupe les élèves des ressources publiées à Chisinau et à Bucarest.
Écoles roumanophones sous administration moldave
Huit établissements enseignent encore le roumain en alphabet latin sous l'autorité du ministère moldave de l'éducation, notamment à Tiraspol, Tighina, Grigoriopol, Dubasari et Rîbnita. Enregistrés comme écoles privées auprès des autorités locales, ils subissent des contrôles répétés, des difficultés de bail et une forte baisse des effectifs depuis la crise de 2004. Certains élèves parcourent chaque jour plus de dix kilomètres pour rejoindre une école déplacée en zone contrôlée par Chisinau. La Cour européenne des droits de l'homme a condamné la Russie pour violation du droit à l'instruction dans l'affaire Catan et autres, jugée en 2012, puis dans une seconde affaire visant les mêmes établissements.
Université d'État Chevtchenko
L'université d'État de Transnistrie Taras Chevtchenko, à Tiraspol, héritière d'un institut pédagogique fondé en 1930, réunit huit facultés et environ onze mille étudiants. L'enseignement s'y déroule principalement en russe, quelques cursus étant proposés en moldave cyrillique et en ukrainien. Des partenariats avec des établissements russes permettent la délivrance de diplômes reconnus en Russie.
Diplômes et départ des étudiants
Un diplôme délivré par les seules autorités transnistriennes n'a pas de valeur hors de l'entité, sauf auprès de la Russie et de quelques territoires au statut comparable. Les jeunes qui veulent travailler ailleurs passent donc par un diplôme russe, par une équivalence moldave ou par des études à Chisinau, en Roumanie ou en Russie. Ces départs nourrissent un vieillissement déjà marqué de la population.