Expatriation en Transnistrie
S'installer durablement en Transnistrie relève de l'exception. Le territoire compte très peu de résidents originaires d'Europe occidentale, et l'absence de reconnaissance internationale complique presque toutes les démarches de la vie courante.
Présence étrangère réduite
Les étrangers présents sur place sont surtout des ressortissants russes et ukrainiens, ainsi que des conjoints de personnes originaires de la région. Les organisations internationales n'y tiennent que quelques bureaux, et aucune représentation diplomatique occidentale n'est installée sur place.
Permis de séjour et de travail
Un visiteur reçoit au poste de contrôle une carte de migration valable jusqu'à quarante-cinq jours, renouvelable. Au-delà, un titre de séjour délivré par les autorités locales devient nécessaire, généralement adossé à un emploi, à un mariage ou à des études. Ce document n'a de valeur qu'à l'intérieur du territoire et ne dispense pas du respect de la législation moldave sur l'entrée et le séjour.
Obstacles bancaires et administratifs
Les banques locales ne sont raccordées à aucun réseau de paiement international, si bien qu'un salaire perçu sur place ne peut pas être viré vers un compte étranger par les voies ordinaires. Les actes d'état civil, les diplômes et les titres de propriété établis à Tiraspol ne produisent aucun effet à l'étranger, ce qui oblige à passer par les services moldaves pour tout document destiné à un usage extérieur.
Logement, santé et scolarité
Le logement se trouve facilement et coûte peu, essentiellement sous forme de locations de gré à gré dans le parc soviétique. Les soins sont accessibles mais limités, et les situations sérieuses conduisent à une évacuation vers Chisinau. Les familles scolarisent leurs enfants dans un système russophone dont les diplômes ne valent guère au-delà de la Russie.
Double enregistrement en Moldavie
La Moldavie considère la Transnistrie comme faisant partie de son territoire et demande aux étrangers entrés par ce segment de se déclarer auprès de sa police des frontières ou de son bureau des migrations dans les soixante-douze heures. Une personne installée durablement tient donc deux dossiers administratifs parallèles, faute de quoi elle s'expose à des difficultés en quittant le pays par l'aéroport de Chisinau.
Isolement
L'absence d'aéroport, de service postal international direct et de couverture consulaire pèse sur la vie quotidienne. Le ministère français de l'Europe et des affaires étrangères indique que l'ambassade de France à Chisinau ne peut apporter en Transnistrie ni assistance ni protection, une limite valable pour la plupart des chancelleries.